ÉVÉNEMENTS ET SÉANCES SPECIALES

A PROPOS
Lors de sa sortie, en 1954, Senso fut accueilli très favorablement à l’internationale mais provoqua bien des réticences en Italie, son pays d’origine. Le néoréalisme, arte povera s’il en fût, avait joué un rôle politique non négligeable, la force et la sincérité des images et le message humaniste avaient sans doute permis à l’Italie de sortir de la guerre avec une image, disons, digne. Luchino Visconti, « l’aristocrate rouge », en avait été un des artisans. Senso, somptueux film historique conçu pour des acteurs internationaux, récit d’un avilissement resplendissant de couleurs et de décors, fut interprété comme une trahison de l’idéal néoréaliste. Visconti ne renonçait pourtant pas à un certain réalisme, mais il l’exacerbait par une attention pointilleuse à l’exactitude des détails. A bien y regarder, le récit d’une passion amoureuse avilissante se doublait de celui d’une Italie du Risorgimento qui se soumettait à l’envahisseur autrichien. Verdi, qui résonne dès l’ouverture du film, y est remplacé par Anton Bruckner. Une autre manière de dire les choses qui, avec le recul, atteint à l’universel. Senso était donc bien destiné à devenir un « classique ».
Christian Viviani
Ciné Rencontre
lundi 30 novembre à 10h00
en présence de Christian Viviani professeur émérite Université Caen-Normandie, coordinateur de la revue Positif
Tarif matin 5€70
Séance organisée en collaboration avec l'UATL (Université Angevine du Temps Libre)
SENSO
de Luchino Visconti
Alida Valli, Farley Granger, Massimo Girotti
ITALIE · 1954 · 2h03 · Tous publics
version originale sous-titrée
Mai 1866, à Venise, un mouvement rebelle italien s'est formé face à l'occupation autrichienne. Franz Mahler, un jeune officier autrichien est provoqué en duel lors d'une manifestation nationaliste menée par Roberto Ussoni. Ce dernier se voit alors contraint à l'exil. La comtesse Livia, sa cousine, tentant d'intervenir auprès de Franz, s'éprend passionnément de celui-ci. Entre conviction politique et manipulation, Livia devra faire de nombreux sacrifices. Mais cet amour en vaut-il réellement la peine ?
https://www.acaciasfilms.com/film/senso/
A PROPOS
Lors de sa sortie, en 1954, Senso fut accueilli très favorablement à l’internationale mais provoqua bien des réticences en Italie, son pays d’origine. Le néoréalisme, arte povera s’il en fût, avait joué un rôle politique non négligeable, la force et la sincérité des images et le message humaniste avaient sans doute permis à l’Italie de sortir de la guerre avec une image, disons, digne. Luchino Visconti, « l’aristocrate rouge », en avait été un des artisans. Senso, somptueux film historique conçu pour des acteurs internationaux, récit d’un avilissement resplendissant de couleurs et de décors, fut interprété comme une trahison de l’idéal néoréaliste. Visconti ne renonçait pourtant pas à un certain réalisme, mais il l’exacerbait par une attention pointilleuse à l’exactitude des détails. A bien y regarder, le récit d’une passion amoureuse avilissante se doublait de celui d’une Italie du Risorgimento qui se soumettait à l’envahisseur autrichien. Verdi, qui résonne dès l’ouverture du film, y est remplacé par Anton Bruckner. Une autre manière de dire les choses qui, avec le recul, atteint à l’universel. Senso était donc bien destiné à devenir un « classique ».
Christian Viviani

